La tourbe (matière qui résulte de la décomposition de végétaux à l’abri de l’air) est considérée comme une ressource non renouvelable, sa formation nécessitant plusieurs millénaires. L’exploitation de la tourbe entraîne des dommages environnementaux considérables : l’assèchement des tourbières libère d’immenses quantité de dioxyde de carbone (CO2) et de gaz hilarant (N2O).
En 1987, la Suisse a décidé de protéger tous les marais nationaux et d’interdire l’exploitation de la tourbe. Toutefois, plus de 150’000 t de tourbe sont encore importés chaque année.
Au travers de ce projet le FiBL a cherché des solutions locales et durables pour la réduction de la tourbe, répondant ainsi au concept d’abandon progressif de la tourbe adopté par le Conseil fédéral en 2012. La première solution a été l’introduction et la faisabilité de l’utilisation de fibres de chanvre pour la production de jeunes plants.
Fin 2023, le compostage de 21 m3 de fibres de chanvre a débuté. Cette quantité de compost est la quantité minimale requise pour un compostage homogène à grande échelle. En juin 2024, une analyse a montré un compost particulièrement riche en azote. Cinq échantillons de mélanges substrat, compost et eau, ont été préparés : une teneur de compost effective de 0% pour une teneur en tourbe effective de 70%, et ainsi de suite : 9,1% pour 64%, 18,9% pour 57%, 27,2% pour 51% et 39,9% pour 42%.
Un test de chute a été effectué, mais n’a pas montré de tendance claire entre tous les mélanges. Les mottes ont été semées avec mâche, chou chinois et persil. Le chou chinois semble bien pousser avec le compost, même si la tendance n’est pas significative. La mâche a germé un peu mieux sur les substrats sans ou avec 10 à 20% de compost, mais pareillement au chou, les différences sont très petites. Le persil ne démontre pas une tendance claire, mais c’est une culture qui germe plutôt mal et il se peut que d’autres facteurs tels que la qualité des graines et l’homogénéité de l’arrosage jouent un plus grand rôle que chez les autres cultures.
Finalement, les jeunes plantes ont été observées et pesées à la fin de la culture. Le chou chinois montrait de meilleurs résultats dans les échantillons avec 0% et 9,1% de compost. Dans le cas de la mâche, le substrat sans compost ajouté a produit les plus grandes jeunes plantes. Un essai effectué dans un tunnel a démontré que cette tendance a disparu et les plantes de toutes les modalités ont obtenu des résultats à peu près équivalents. Pour le persil, les substrats avec 20 et 30% de compost ont donné les meilleurs résultats.
Même s’il est difficile de dégager une tendance claire avec l’augmentation de la quantité de compost, il peut être tout de même avancé pour le chou chinois et la mâche que plus la quantité de compost augmente, plus les jeunes plants sont petits. Quant au persil, d’autres facteurs jouent un rôle plus important que le choix du substrat. Les résultats démontrent que l’utilisation de ce mélange est possible pour toute culture. Plusieurs facteurs tels que le type de culture, la gestion des cultures et le type de production ont un impact qui ne veut pas forcément signifier la non-efficience du substrat.
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