De nombreuses études ont démontré l’intérêt d’associer différentes espèces au sein d’une même parcelle et les bénéfices des cultures associées. L’association de céréales et de légumineuses permet notamment une meilleure gestion des adventices par rapport aux cultures pures, grâce à une couverture du sol plus efficace. Elle contribue également à limiter l’incidence de certaines maladies et de certains ravageurs. Par ailleurs, la récolte des légumineuses à graines est facilitée : celles-ci présentent une meilleure résistance à la verse grâce à l’effet tuteur exercé par la céréale associée.
En grandes cultures, les cultures associées ont rencontré un certain succès pour la production fourragère il y a quelques années (par exemple pois–orge ou lupin–avoine). Malgré leurs nombreux avantages, cette pratique est aujourd’hui en net recul.
Pour la production alimentaire, plusieurs essais ont toutefois montré la faisabilité et l’intérêt d’associer du blé panifiable à des légumineuses à graines telles que la féverole ou le pois. Les légumineuses ont en effet la capacité de fixer l’azote atmosphérique grâce à des symbioses avec des microorganismes, ce qui limite la compétition avec le blé pour l’azote minéral. Les deux espèces se révèlent ainsi complémentaires. De plus, la densité plus faible du blé dans ces systèmes permet à chaque plante de disposer d’une plus grande quantité d’azote. La culture associée permet également de produire des légumineuses riches en protéines, améliorant ainsi la productivité globale de la parcelle.
L’objectif du projet est de favoriser le développement de l’association de blé – féverole pour la production alimentaire en Suisse, en travaillant sur deux axes. Le premier vise à améliorer la conception de l’association (densité de semis, choix variétal) afin d’en maximiser les bénéfices. Le second consiste à lever les freins économiques et structurels qui limitent actuellement le développement de cette pratique pourtant riche en avantages.
Le projet, mené sur deux ans, a débuté par la réalisation d’une synthèse technique et économique des essais réalisés par certains agriculteurs avant le lancement officiel du projet. Sur la base de ces résultats, un atelier a été organisé afin de faire évoluer le design des mélanges (densité et techniques de semis, choix variétal, etc.).
La seconde année du projet s’est déroulée selon le même modèle, alliant ateliers de réflexion pour définir les protocoles, la mise en place de suivis et la synthèse des nouveaux résultats obtenus. Ces essais avaient pour objectif d’aboutir à des mélanges mieux optimisés et validés.
En parallèle du volet technique, les marges nettes seront calculées sur la base des résultats d’essais, en prenant en compte les coûts liés à la technique (semences, tri, séchage, etc). Un atelier d’échange a également été organisé afin d’identifier les freins et les pistes d’amélioration. Des discussions avec l’ensemble des acteurs de la filière ont par ailleurs été prévues dans le processus.
FiBL, BioVaud et Progana.
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