La double culture consiste à implanter deux cultures de rente la même année et sur la même parcelle. Cette pratique est un moyen d’augmenter la productivité, c’est-à-dire produire plus avec le même terrain. Elle est toutefois peu pratiquée en Suisse en raison de différents défis techniques.
Ces défis techniques sont principalement : le choix de deux cultures à végétation courte pour une récolte possible avant l’automne (conditions trop humides), obtenir un séchage satisfaisant de la première culture pour sa qualité, mais également la qualité du terrain pour la deuxième culture et la mise en place de la deuxième culture dans des conditions les plus optimales.
Par le biais d’analyses de scénarios et la mise en place d’essais dans différents contextes pédoclimatiques, ce projet vise à évaluer la faisabilité et l’intérêt des doubles cultures pour améliorer la productivité de la parcelle dans le contexte climatique de la Suisse romande, afin de définir le meilleur itinéraire technique.
La quantité de chaleur disponible entre le semis et la récolte est un facteur limitant pour la double culture. L’analyse de différents scénarios, faisant varier culture, année et site, a permis d’évaluer la faisabilité de cette pratique. Pour le maïs et le tournesol, le choix de variétés précoces garantit l’atteinte de la maturité en seconde culture. Une autre option est d’anticiper la récolte de la première culture d’une dizaine de jours, pour une implantation plus rapide.
En conditions pédoclimatiques plus limitantes, le millet ou le sarrasin réduisent le risque. Les essais mis en place montrent que les semis de céréales de printemps à l’automne créent une fenêtre plus large pour une seconde culture. Ils permettent une récolte plus précoce que pour des variétés d’automne (de 20 à 30 jours) avec des rendements comparables et une meilleure qualité pour l’avoine.
Il a aussi été montré que le soja n’est pas adapté en seconde culture en raison d’une récolte trop humide et délicate, ainsi que des coûts d’implantation élevés. Le maïs peut être une option, mais les besoins en azote sont importants. Le tournesol constitue un bon compromis en termes de rendement technico-économique : les coûts d’implantation sont maîtrisés, la récolte simplifiée et il peut être valorisé en alimentation humaine.
Une double culture réussie permet un gain de productivité en combinant une céréale (60 à 100% du rendement normal) et une seconde culture (40 à 80% du rendement). L’analyse de scénarios doit être complétée par une évaluation d’un autre facteur limitant : la quantité d’eau disponible. De plus, une évaluation économique des essais mis en place permettra de préciser la rentabilité de la technique dans le contexte romand.
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