
Les aléas du changement climatique compromettent les productions agricoles, faisant peser un risque sur leur pérennité. Certaines années peuvent connaître des baisses significatives. Ce risque ne se limite pas à la Suisse, mais touche également les pays voisins et plus éloignés, qui jouent un rôle majeur dans l’approvisionnement alimentaire. La vulnérabilité des légumes est particulièrement préoccupante, car ils sont sensibles aux extrêmes climatiques, et près de deux tiers de ceux consommés en Suisse proviennent de l’étranger. Des pénuries ont déjà été observées, comme celle des tomates en Angleterre en 2023.
L’objectif est d’expérimenter des techniques de mise en place simples et peu coûteuses pour la culture de légumes, afin de compenser d’importantes pertes de récolte et garantir un approvisionnement complémentaire à l’automne et en hiver, notamment en cas de perturbations majeures de la production. Ces techniques doivent aussi bénéficier aux pays fournisseurs. Des pratiques existantes, comme les cultures d’engrais verts ou les légumes en sous-semis, servent de référence.
Parmi les solutions envisagées, la culture intercalaire permettrait de produire des légumes après une céréale, servant potentiellement de culture de secours. L’essai a été volontairement mené de manière très simple et économique, en testant directement chez les agriculteurs une méthode rapide et peu contraignante pour leurs activités.
Un projet a testé une méthode simple de semis direct dans du blé sur trois sites différents, mais aucun n’a abouti. Une forte concurrence avec les adventices, un sol trop sec après la récolte et des techniques inadaptées semblent avoir compromis la levée. Pour réussir l’implantation, il serait nécessaire d’affiner la méthode et d’y consacrer plus de temps et de ressources.
L’échec ne signifie pas que la culture de légumes en interculture soit impossible. Il est probablement nécessaire de perfectionner la méthode en anticipant davantage sa mise en place. Il serait également pertinent de collaborer avec des agriculteur·trices plus investi·es dans les résultats, tels que des maraîcher·ères cultivant aussi des céréales, ou de confier cette expérimentation à un centre de recherche.
Ce premier essai, mené simplement et dans des conditions réelles, apporte déjà des indications précieuses pour d’éventuelles recherches plus approfondies. Quoi qu’il en soit, le risque de rupture d’approvisionnement en légumes demeure et devient de plus en plus pressant avec les effets du dérèglement climatique.
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